Port autonome d’Abidjan / 24,016 millions de tonnes de marchandises enregistrées en 2010

Publié le vendredi 11 mars 2011 | Le Temps - Le trafic de marchandises du Port autonome d’Abidjan a pris un coup cette année eu égard à la crise née des élections de novembre et de l’embargo, lui imposés par l’Union européenne et la France.

Didier Gossio, DG du Port autonome d'Abidjan.

Publié le vendredi 11 mars 2011 | Le Temps - Le trafic de marchandises du Port autonome d’Abidjan a pris un coup cette année eu égard à la crise née des élections de novembre et de l’embargo, lui imposés par l’Union européenne et la France.

Le Port autonome d’Abidjan (Paa) a enregistré au terme de son exercice 2010, un trafic total de marchandise de 24,016 millions de tonnes. Ce trafic est en baisse de 0,1% par rapport à celui de l’année dernière qui était de 24,034 millions de tonnes. Il se reparti comme suit : Les produits pétroliers à 12,118 millions de tonnes, les marchandises générales à 11,252 millions de tonnes, dont 1,231 million de tonnes en transit et 644681 tonnes de produits de pêche. L’information a été donnée hier jeudi 10 mars par le président de la communauté portuaire d’Abidjan, Marcel Gossio. Ce, à l’occasion de la rentrée commerciale de cette structure. Ce trafic, selon Marcel Gossio aurait pu être très catastrophique n’eût été les mesures draconiennes prises par l’ensemble de la communauté portuaire qui a mis en œuvre un certain nombre de stratégies. A en croire le Directeur général du port d’Abidjan, l’accent a été mis dans le cadre de la politique de conquête des trafics des pays sans façade maritime sur le renforcement des infrastructures, l’équipement et des procédures nécessaires au bon fonctionnement du projet de ferroutage. La poursuite des actions de sponsoring et de mécénat au Burkina Faso, Mali et au Niger ; la mise en œuvre de la nouvelle facturation à la boîte pour les marchandises conteneurisées à destination de ces pays et le paiement de ristournes aux clients fidèles de ces différents pays. Autres éléments contributifs à cette performance, c’est le renforcement du dispositif sécuritaire avec l’acquisition de deux vedettes d’amarrage, de deux pilotines et d’un remorqueur pour améliorer la prise en charge des navires en escales au port d’Abidjan ; le renforcement des capacités sur les terminaux roulier et minéralier. L’optimisation des performances au quai fruitier par l’acquisition de nouveaux équipements et une meilleure rationalisation de huit nouveaux Rtg au terminal à conteneurs par la Setv. Pour Marcel Gossio, ce beau résultat réalisé malgré la situation difficile que traverse le pays est mis à l’actif de tous les acteurs de la plateforme portuaire et maritime. C’est pourquoi, du haut de la tribune, il a remercié et félicité chacun d’eux. Parlant de 2011, Marcel Gossio a indiqué qu’elle a débuté dans un scénario désastreux avec l’embargo qui frappe les deux principaux ports du pays. « Depuis le 15 janvier 2011, date à laquelle, l’Union européenne, sous la houlette de la France, a décidé d’imposer un embargo sur les ports ivoiriens, le trafic de navires a baissé, entraînant le détournement d’une grande partie de notre trafic marchandise vers les ports concurrents de la sous-région », révèle-t-il. Cependant, Marcel Gossio a rassuré le parrain de cette rentrée commerciale, le ministre de l’équipement et de l’assainissement, Jacob Ahoua Don Mello et ses collègues de l’industrie et du Développement du secteur privé ainsi que de l’Agriculture qui l’accompagnaient, que l’autorité portuaire d’Abidjan mettra tout en œuvre pour transcender cette autre crise et permettre à ce port de retrouver sa vitalité, gage de la reprise des activités économiques de la Côte d’Ivoire, injustement agressée. « Autant nous avons trouvé hier les ressources nécessaires pour faire avancer ce port malgré la conjoncture difficile, autant nous trouverons encore aujourd’hui les mêmes ressources pour relever ce nouveau défi qui se dresse sur notre chemin », a-t-il rassuré. Tout en indiquant que dès le début de cette crise, des réunions urgentes ont eu lieu pour juguler ses effets pervers. Ces réunions ont abouti à la création de comités de crise et de suivis quotidiens des opérations portuaires, d’un comité restreint de réflexion, d’une cellule de crise et de veille commerciale. Tout ceci, en vue de prévenir l’asphyxie économique de la Côte d’Ivoire, programmée par l’Union européenne. Jacob Ahoua Don Mello saluant cette performance de l’autorité portuaire, a encouragé les acteurs à plus de persévérance. « La crise de 2002 n’a pas constitué un frein pour le port. Mais, plutôt un carburant. Celle en cours doit lui apporter du super carburant », a-t-il dit. Tout en ajoutant que cet embargo ne doit pas constituer une sanction, mais plutôt un objectif et une opportunité d’élargissement avec les pays émergeants et un renforcement de la coopération Sud-Sud. Pour lui, cette sanction est une épreuve que la Côte d’Ivoire et les opérateurs économiques dans leur ensemble doivent traverser. Car, rien ne s’obtient sans grand sacrifice. C’est lorsqu’on traversera, dit-il des épreuves de cette crise qu’on sortira grandi.

Joseph Atoumgbré
attjoseph@yahoo.fr