Laurent Gbagbo espère être réélu dès le premier tour

Le 01 novembre 2010 par Lefigaro.fr - Les résultats officiels de ce scrutin, attendu depuis dix ans par les Ivoiriens, seront annoncés mercredi. Des violences sont à craindre lors du décompte des voix.

Laurent Gbagbo introduisant son bulletin dans l'urne le 31 octobre 2010 à Abidjan.

Le 01 novembre 2010 par Lefigaro.fr - Les résultats officiels de ce scrutin, attendu depuis dix ans par les Ivoiriens, seront annoncés mercredi. Des violences sont à craindre lors du décompte des voix.

Être électeur en Côte d'Ivoire demande de la patience. Il aura d'abord fallu attendre dix ans, avant qu'enfin, dimanche, avec cinq années de retard, ne se tienne l'élection présidentielle. Il a ensuite fallu patienter des heures pour glisser son bulletin dans l'urne. Partout dans Abidjan, la capitale économique, de longues files calmes se sont formées dès l'aube devant les bureaux de vote. «C'est une grande journée. On ne veut pas rater ça, car on espère qu'après on sera tranquille», expliquait l'un des 5,7 millions de votants potentiels, Joseph Kouassi.
Le scrutin doit en principe remettre le pays dans le droit chemin, après une décennie marquée par une guerre civile, la partition et de multiples crises. Les trois ténors de la scène politique, le président sortant, Laurent Gbagbo, et ses deux rivaux, l'ex-chef d'État Henri Konan Bédié, et Alassane Ouattara s'affrontent pour la première fois.
Messages anonymes
Alors, on se presse devant les urnes. «On a jamais vu autant de monde», assure Mamadou Koné, un médecin d'Adjamé. Dans ce quartier populaire du nord d'Abidjan, la foule, pour passer le temps, se remémore les pages noires des dernières années : les heurts ethniques, les violences politiques. «Depuis on vit bien ensemble. Ce qui nous importe à tous c'est de trouver du travail, d'avoir des écoles», affirme Djibril Koné.
«Tout est calme. Si on déplore des retards dans l'ouverture des bureaux il n'y a rien de grave ni à Abidjan ni dans le reste du pays», détaillait, dimanche en fin de journée, Cristian Dan Preda, le chef de la mission d'observation de l'Union européenne.
Le constat, tiré à l'issue d'une campagne étonnamment bon enfant, n'a été qu'une demi-surprise. «Le vote en lui-même n'est pas compliqué. C'est lors du décompte des voix ce soir (dimanche, NDLR), et surtout pendant la proclamation des résultats que des problèmes pourraient surgir», précise un autre observateur.
La procédure de décompte des bulletins, très complexe, ne rassure pas. La cohabitation de deux systèmes, l'un électronique, l'autre manuel, pourrait même semer la confusion. D'autant plus que les partis politiques et même les services du premier ministre ont, eux aussi, mis au point des structures pour obtenir des résultats. Beaucoup redoutaient que des chiffres invérifiables ne circulent, proclamant la victoire de l'un ou l'autre des prétendants, bien avant les données officielles que la Commission électorale indépendante (CEI) doit fournir mercredi. Dimanche déjà, des messages anonymes circulaient sur les téléphones portables, annonçant des triomphes ou dénonçant des complots fantaisistes. S'il dit redouter des «violences», Laurent Gbagbo, sûr de sa victoire, affirme qu'elles «viendront de ceux qui perdront».
Autour du «chef», on ne semble pas douter d'une réélection dès le premier tour. «C'est assez improbable. C'est vrai que la campagne de Bédié a semblé vite marquer le pas. Mais celles de Gbagbo et de Ouattara ont démontré qu'ils avaient tout deux de vrais partisans très motivés. Cela laisse penser qu'un second tour sera organisé», remarque un diplomate. Pour la Côte d'Ivoire, les jours à venir seront des jours clés.
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