KADET BERTIN A LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE: DANS L’INTERÊT DE LA PAIX, LIBÉREZ GBAGBO !

Le 02 décembre 2012 par Correspondance particulière - DÉCLARATION DE KADET BERTIN, EX-MINISTRE DE LA DÉFENSE DU PRÉSIDENT GBAGBO, EX-CONSEILLER SPÉCIAL CHARGE DE LA SÉCURITÉ

Président Laurent Gbagbo, un modèle de combattant pour les libertés démocratiques / Un destin forgé par ses parents / Les faits marquants de sa vie retracés par Bertin Kadet

Introduction

KADET BERTIN.

Le 02 décembre 2012 par Correspondance particulière - DÉCLARATION DE KADET BERTIN, EX-MINISTRE DE LA DÉFENSE DU PRÉSIDENT GBAGBO, EX-CONSEILLER SPÉCIAL CHARGE DE LA SÉCURITÉ

Président Laurent Gbagbo, un modèle de combattant pour les libertés démocratiques / Un destin forgé par ses parents / Les faits marquants de sa vie retracés par Bertin Kadet

Introduction

Voici un an que le Président Laurent Gbagbo est détenu à la prison de la Cour Pénale Internationale, dans l’attente d’un jugement. Pour les tenants du nouveau régime, son transfèrement en ce lieu devrait accélérer la réconciliation en Côte d’Ivoire (dixit Gnénéma Coulibaly, ministre JDHLP), ce que contredit la réalité dans ce pays. Vingt mois après l’arrestation et la déportation du Président Laurent Gbagbo, les ivoiriens continuent de vivre des moments encore plus difficiles : l’insécurité règne en maître absolu et les droits élémentaires des citoyens sont bafoués au quotidien. Malgré les interpellations des organisations non gouvernementales (HWR, Amnesty International, International Crisis Group, etc), plusieurs de nos concitoyens croupissent encore dans les prisons et de milliers d’autres sont en exil. Le chômage est généralisé, conséquence du « rattrapage » et l’horizon économique reste brumeux malgré les déclarations politiques. Face au calvaire et la misère de notre peuple, les témoignages (écrits, films et autres reportages inédits) des acteurs et observateurs de la crise ivoirienne, diffusés à travers le monde attestent que les geôliers du Président Laurent Gbagbo se sont trompés sur le cas de ce démocrate exceptionnel, victime d’un mensonge international. C’est pourquoi, dans l’intérêt de la paix en Côte de d’Ivoire, il y a lieu qu’il soit remis en liberté, purement et simplement. La présente contribution, en restituant la vérité sur qui est le Président Laurent Gbagbo, au triple point de vue de ses origines, son parcours et son action, entend aider les décideurs de la CPI et les faiseurs des relations internationales, à se forger une opinion objective sur cet homme d’Etat.

1- Des origines du Président Laurent Gbagbo : Un destin forgé par ses parents

Le Président Laurent Gbagbo naît le 31 mai 1945 à Kédio-Babré, commune de Gagnoa, en République de Côte d’Ivoire. Pour comprendre le sens de son combat politique et percer le mystère de sa popularité dans son pays et sur le continent, il faut remonter dans le passé de ses parents car, il existe une relation dialectique entre les engagements de l’homme d’Etat qu’il est et ceux de ses géniteurs.
Le père de Laurent Gbagbo, Zèpè Gbagbo Koudou Paul, originaire de Mama, dans la commune de Ouragahio sur l’axe Gagnoa-Sinfra, est issu d’un double lignage dans les cantons Gbadi (Ouragahio) et Gnébié (Gagnoa), tout comme l’était sa grand-mère Djakouéhi Gbessigouli, fille et petite fille de ces deux cantons. A la mort de Gbagbo Ligbi, grand-père de Laurent Gbagbo, résistant à la pénétration coloniale et mort au champ d’honneur en 1912, sa veuve Djakouéhi, après avoir accouché de leur fils Koudou Paul, vient rejoindre sa grand-mère à Garahio, canton Gnébré. Elle y épouse en seconde noce Zèpè Vabié, chef de famille à Babré. Ce dernier adopte l’enfant Koudou Paul qui devient Zèpè Gbagbo Koudou Paul. Grâce à l’affection et au soutien de ce père, Koudou Paul bénéficie d’une éducation moderne et catholique. Feu Cardinal Bernard Yago figure parmi ses coreligionnaires et condisciples à l’école primaire catholique de Dabou. Quant à la mère de Laurent Gbagbo, Lélé Gago Marguérite, chrétienne catholique, elle est issue des cantons Zédi et Nékédi de Ouragahio, lesquels partagent des liens de parenté avec les Gouros voisins. Dans l’aire culturelle constitutive de la région de Gagnoa, les cantons Gbadi, Nékédi et Zédi forment la sous-préfecture de Ouragahio, alors que le Gnébié est le canton central de Gagnoa. Ainsi, lorsque Laurent Gbagbo nait, il est l’enfant des grandes familles qui forment le noyau de la région de Gagnoa. L’origine multicantonnale de Laurent Gbagbo fait de lui, l’enfant du peuple de Gagnoa. Ce potentiel affectif régional, Laurent Gbagbo va le transformer en une popularité nationale, comme le montrent les développements ultérieurs.
La naissance de Laurent Gbagbo s’inscrit dans une année charnière de l’histoire de l’humanité. Nous sommes en 1945, la victoire des Alliés marque la fin des dictatures nazies en Europe et le début de l’instauration de nouveaux équilibres fondés sur le respect des libertés démocratiques à travers le monde. Sur les fronts de la lutte, Zèpè Gbagbo Koudou Paul, le père de Laurent Gbagbo, figure parmi les soldats de la liberté et de la dignité humaine. Engagé volontaire dans l’armée coloniale française en 1940, Koudou Paul est fait prisonnier par les forces nazies en 1941 et son commandant de peloton Capitaine Laurent est mortellement touché par un obus. A quelques heures de son transfert dans les camps de concentration nazis, il réussit à s’évader puis, au terme d’une longue et pénible marche à travers les forêts, il est retrouvé exténué et évanoui, par un couple français qui le recueille. Il se réveille à l’hôpital de Saint Raphael à Fréjus, dans le Sud de la France. Quelques mois après sa guérison il est démobilisé en 1941 et regagne son pays. De retour en Côte d’Ivoire, il épouse la jeune Lélé Gado Marguérite, une fille pieuse et chrétienne catholique qui lui donne quatre enfants. Le premier et le dernier des enfants du couple, un garçon et une fille, ayant disparu trop tôt, seuls les deux du milieu, Laurent et Jeannette ont survécu. Le prénom Laurent qui est attribué au fils, l’est en témoignage de son amitié à un Français, le capitaine Laurent, chef du peloton auquel appartenait Koudou Paul.
Durant sa vie, Zèpè Gbagbo Koudou Paul a défendu la justice sociale, la liberté et le droit de l’homme, d’abord au sein de la SFIO, auquel il a adhéré en 1947. Ensuite cheminot à la Régie du Chemin de Fer Abidjan-Niger, il prend une part active à la grève des cheminots déclenchée dans toute l’AOF de 1947 à 1948, grève d’ailleurs qui a inspiré le célèbre écrivain Sénégalais Sembène Ousman dans son livre « les bouts de bois de dieu ». Considéré comme un des meneurs, Koudou Paul est renvoyé de la RAN ; il s’engage dans la police et est affecté à Agboville, puis à Sassandra, Dimbokro. La vie de Koudou Paul a été marquée par le combat pour la dignité humaine.

2- L’engagement intellectuel de Laurent Gbagbo : un parcours marqué par la persévérance dans l’action

Le parcours social de Laurent Gbagbo est comparable à celui de la plupart des ivoiriens de condition modeste. Comme eux, il a joué, étudié, chanté, travaillé. Laurent Gbagbo a étudié au Séminaire Saint-Dominique Savio de Gagnoa de 1958 à 1962. Cette période a façonné en lui la foi chrétienne et l’amour du prochain. Il a achevé ses études secondaires au lycée classique d’Abidjan (1962-1965). Cependant, un évènement politique majeur a failli contrarier son parcours scolaire : le 16 juillet 1964, alors que Laurent Gbagbo passait en classe de terminale au lycée classique d’Abidjan, son père est arrêté par le régime d’Houphouët Boigny pour complot contre la sécurité de l’Etat, sous les yeux de ses enfants, puis transféré à la prison d’Assabou à Yamoussoukro. Laurent Gbagbo se retrouve à 19 ans, chef d’une famille de huit enfants (dont six demi frères). Afin de pouvoir subvenir aux besoins de sa famille, il décide de travailler, ce à quoi sa mère s’oppose catégoriquement. Ainsi Laurent Gbagbo reprend le chemin de l’école et décroche son baccalauréat en 1965. Après la Propédeutique à l’université d’Abidjan, il obtient une bourse d’étude de l’Etat pour poursuivre des études supérieures de Grec et Latin à Lyon en France. Revenu à Abidjan en 1967, il s’inscrit en 2ème année d’histoire à l’université d’Abidjan où il obtient une licence en 1969. De nouveau grâce à une bourse de l’Etat, Laurent Gbagbo retourne en France d’où il revient en juillet 1970 avec une maîtrise d’histoire. Il est engagé comme professeur d’histoire et de géographie au lycée classique d’Abidjan. A peine a t-il commencé les activités d’enseignement qu’elles sont interrompues par des arrestations politiques. De mars 1971 à janvier 1973, Laurent Gbagbo est arrêté pour ses opinions et incarcéré dans les camps militaires de Séguéla et Bouaké avec Djeni Kobena et Hoba Albert. A sa libération, le Président Houphouet-Boigny ne voulant plus le voir en contact avec les élèves, l’affecte à l’institut pédagogique de Cocody, une structure sans contenu réel dans sa fonction. C’est ainsi qu’il rentre à l’Institut d’Histoire d’Art et d’Archéologie Africaine (IHAA) pour préparer sa thèse de troisième cycle. En 1979, Laurent Gbagbo achève une thèse de doctorat d’histoire qu’il soutient à l’université Paris VII et devient en 1981, directeur de l’IHAA.
Durant toutes ces années, Laurent Gbagbo est resté un homme populaire parmi les jeunes de sa génération. Cette popularité, il la doit bien sûr à ses origines multicantonnales telles que précédemment décrites. Toutefois, il a conforté cette popularité dans ses rapports avec la société. D’abord, enfant du quartier Dioulabougou de Gagnoa où il vivait chez une cousine à sa mère mariée à un musulman, Laurent Gbagbo compte de nombreux amis dans ce milieu confessionnel qui n’éprouve que de la sympathie à son égard. Parmi ces meilleurs amis, on peut citer des footballeurs connus au plan national tels que Soumaila Savané et Makan Keita son beau frère, premier époux de sa cousine Mariam Sockane Soumaré. Ensuite, homme de culture pluridisciplinaire, Laurent Gbagbo est à la fois footballeur, guitariste, pianiste, écrivain, homme de théâtre. Parmi ses compagnons les plus fidèles, on compte de célèbres artistes tels que Sijiri Vakaba, Thérèse Taba, et feux Amédée Pierre et Bernard Zadi Zaourou. Enfin, homme politique, Laurent Gbagbo a parcouru 9000 des 11 000 sites habités de Côte d’Ivoire, pour expliquer son projet de société aux populations. Cependant, c’est dans le champ de la réflexion intellectuelle qu’il s’est le plus illustré, à travers la publication d’ouvrages d’inspiration politique. Ses écrits dont voici quelques titres, sont des analyses sur la société et sur le destin des peuples et des dirigeants :
- 1978 : Réflexions sur la Conférence de Brazzaville;
- 1979 : Soundjata, lion du Manding (écrit en 1971 en prison à Séguéla);
- 1982 : La Côte d’Ivoire, Economie et société à la veille de l’indépendance;
- 1983 : Côte d’Ivoire : Pour une alternative démocratique;
- 1984 (en collaboration): Spécial Côte d’Ivoire 1960-1984 ;
- 1987 (en collaboration) : Propositions pour gouverner la Côte d’Ivoire ;
- 1989 : Côte d’Ivoire : Histoire d’un retour ;
- 1991 : Agir pour les libertés ;
- 1994 (en collaboration) : Programme du Gouvernement du FPI ;
- 1995 : Le temps de l’espoir, Johannesburg ;
- 2009 : Bâtir la paix sur la démocratie et la prospérité ;
Dans chacune de ses publications, Laurent Gbagbo expose sa pensée politique et son projet pour une Côte d’Ivoire démocratique et prospère. Son expérience personnelle de la vie en société, fondée sur des contacts permanents avec son peuple et sa profonde connaissance des cultures ivoiriennes en fait incontestablement un leader aimé par le peuple de Côte d’Ivoire. Pour toutes ces raisons, Laurent Gbagbo fait partie du cercle très restreint des hommes d’Etat Africains dont les actions continueront d’influer sur le devenir de la Côte d’Ivoire et celui de l’Afrique. L’amour que les Ivoiriens vouent au Président Laurent Gbagbo procède également de son humilité.

3- Laurent Gbagbo : un modèle d’humilité et de probité

Ayant pris conscience, dès son jeune âge, de défendre la cause des libertés démocratiques et la justice sociale, Laurent Gbagbo s’est forgé une morale, celle de ne jamais tremper dans les affaires sales et d’être respectueux de la légalité. Partout où il a servi, que ce soit dans la vie professionnelle, au service militaire ou en exil en France, il a donné la preuve d’un homme courtois, droit et propre. Pendant son exil en France (1982-1988), le gouvernement ivoirien a continué à virer son salaire sur son compte bancaire de la Société Ivoirienne des Banques, alors même qu’il avait arrêté de travailler. A son retour d’exil, Laurent Gbagbo a refusé de toucher à cet argent, préférant changer de banque et de compte. Laurent Gbagbo a un seul compte bancaire sis à la Riviera mais n’a pas de compte à l’étranger.
Pour parvenir à ce résultat, Laurent Gbagbo a payé cher, le prix de sa droiture et de son intégrité morale. En effet, pour avoir exprimé ses idées en faveur de la démocratisation de la Côte d’Ivoire, il a été plusieurs fois arrêté et emprisonné par le régime du parti unique d’Houphouët-Boigny. Dans ce contexte, les années 1971 à 1973 furent particulièrement douloureuses pour lui.
Son épouse, Jacqueline Chamois, une Française, a été rapatriée manu militari en 1971, avec son fils Michel alors âgé de quelques mois. Quant à lui même, ses lieux de détention avaient pour cadres les camps militaires du pays. Libéré en 1973, il décide de travailler désormais dans la clandestinité avec un groupe d’amis sur les conditions d’une alternance démocratique en Côte d’Ivoire. C’est dans ce groupe de réflexion qu’il rencontre Simone Ehivet, professeur de Français et chercheur au Groupe de Recherche sur la Tradition Orale (GRTO) et qu’il épouse quelques années plus tard, en seconde noce. En 1982, Laurent Gbagbo est obligé de quitter la Côte d’Ivoire pour échapper à un autre complot politique déclenché par le régime contre les enseignants. Il est exilé en France pendant six ans, qu’il met à profit pour rédiger avec ses amis, les textes fondateurs du Front Populaire Ivoirien, son parti politique.

4- Laurent Gbagbo : le fer de lance du mouvement démocratique ivoirien

Les années d’exil n’ont pu altérer les convictions de Laurent Gbagbo qui reprend le combat politique en vue de l’avènement du multipartisme, dès son retour en Côte d’Ivoire le 13 septembre 1988. Ainsi en novembre 1988 avec 19 de ses camarade dont Aboudramane Sangaré, feu Emile Boga Doudou, Simone Ehivet, sa sœur Jeannette Koudou, ils tiennent secrètement dans une plantation à Dabou, le Congrès constitutif du FPI. Le 30 avril 1990, à la suite de luttes acharnées faites de débats contradictoires et de pressions populaires, le régime du parti unique cède et décrète le multipartisme. La proclamation du multipartisme est une victoire pour Laurent Gbagbo dont le parti politique, le Front Populaire Ivoirien, sort enfin de la clandestinité pour devenir officiellement la première formation de l’opposition politique ivoirienne. Très vite, le nouveau parti et son leader deviennent les cibles du régime. Le 18 février 1992, une marche de protestation des démocrates, pour demander à Houphouet-Boigny de sanctionner le Général Robert Guéi d’avoir nuitamment violenté les étudiants, est sauvagement réprimée par le pouvoir . Le Premier Ministre était alors Alassane Ouattara. Laurent Gbagbo et les démocrates ivoiriens sont jetés en prison pendant sept mois. En Août, le président Houphouet-Boigny fait libérer ses prisonniers.
Malgré la violence répressive du régime, Laurent Gbagbo n’a cessé d’appeler le pouvoir à une transition pacifique à la démocratie, dans une formule devenue célèbre en Côte d’Ivoire : « asseyons-nous et discutons ». Le Président Laurent Gbagbo a toujours prôné la non-violence et l’accession au pouvoir d’Etat par les élections. Son projet pour l’avènement d’une société socialiste et démocratique référencé dans ses écrits a connu l’adhésion des populations ivoiriennes qui l’ont porté à la magistrature suprême du pays, aux élections présidentielles d’octobre 2000. A cette haute responsabilité, le Président Laurent Gbagbo a mené des actions qui s’inscrivent dans la durée.

5- Laurent Gbagbo Président : une action qui s’inscrit dans la durée

Investi Président de la République de Côte d’Ivoire le 26 octobre 2000, Laurent Gbagbo s’attèle aussitôt à la mise en œuvre de son projet de société, par la stricte application de son programme de gouvernement. Tout d’abord, devant la situation d’une Côte d’Ivoire qui a accumulé une dette extérieure colossale de plus de 6 000 milliards Fcfa sous les régimes précédents, il engage des actions pour réduire la dépendance financière de son pays. C’est ainsi qu’en juin 2001, il rembourse les 18 milliards Fcfa de l’Union Européenne occasionnés par la gestion du PDCI, renoue avec les institutions de Bretton Wood le mois suivant et, finalement, ramène la dette extérieure de 6700 à 4000 milliards Fcfa entre 2000 et 2010, dans une conjoncture nationale particulièrement difficile. Concomitamment, il assainit les finances publiques par des mesures de maîtrise budgétaire (budget de sauvegarde, budget sécurisé).
A son avènement, le Président Laurent Gbagbo s’emploie à reconstituer l’Etat dont les fondements ont été sapés par le coup d’Etat militaire de décembre 1999 (Assemblée Nationale, Conseil Economique et Social) et à créer de nouvelles autres. Sous sa gouvernance, toutes les lois en vue de dynamiser l’Etat républicain ont été votées par le Parlement. Le processus de décentralisation effective de la Côte d’Ivoire est une réalité sous Laurent Gbagbo grâce à la loi de juillet 2001 et les premières élections départementales ont lieu en juillet 2002. Ainsi, 1287 communes, 95 départements, 496 sous-préfectures ont été crées en 2010 contre respectivement 97, 57 et 233 en 2000. En outre, le Président Laurent Gbagbo est le Chef d’Etat qui a boosté la mise en œuvre du transfert, à Yamoussoukro, de la Capitale politique de la Côte d’Ivoire, décidé par le Président Houphouët-Boigny en 1974, en engageant dès février 2004, les travaux de construction du Palais Présidentiel et l’Hôtel des Députés de Yamoussoukro.
Dans le secteur de l’agriculture, pilier du développement économique national, la gestion de la filière café-cacao a été confiée aux paysans. La banque de financement pour l’agriculture (BFA) et d’autres nouvelles structures de financement ont été créées, pour aider et soutenir les efforts d’organisation, de financement et d’encadrement des paysans. Par ces mesures, le Président Laurent Gbagbo concrétise une promesse électorale faite aux ivoiriens en 2000: « donnez-moi le pouvoir, je vais vous le rendre.»
Sous le Président Laurent Gbagbo, la liberté de la presse est consacrée par la loi sur la dépénalisation des délits de presse, en décembre 2004 : jamais d’organe de presse suspendu, jamais de journaliste inquiété, jamais d’opposant inquiété. La promotion de la femme connaît une percée jamais égalée en Côte d’Ivoire et la gratuité de l’école amorcée en janvier 2001 s’est poursuivie. L’électrification et l’accès à l’eau potable des localités rurales connaissent d’énormes progrès. Par la diversité des voies du développement individuel et collectif qu’elles offrent, les infrastructures mises en place dans ces différents secteurs profitent avant tout à la jeunesse ivoirienne pour qui elles constituent des opportunités d’épanouissement.
Persuadé que toute action de développement ne peut prospérer que dans un environnement de paix, le Président Laurent Gbagbo organise un forum sur la réconciliation nationale en octobre 2001. A cette occasion, il décide le retour en Côte d’Ivoire d’Alassane Dramane Ouattara et du Président Henri Konan Bédié, deux personnalités politiques qui se sont mutuellement chassés du pays. Le 22 janvier 2002, il réunit à Yamoussoukro, les quatre grands leaders politiques que sont Laurent Gbagbo, Konan Bédié, Robert Guéi et Alassane Ouattara.
Bien qu’ayant adopté une posture de conciliation et une approche démocratique des problèmes, le Président Laurent Gbagbo a dû subir hélas, les violences de ses adversaires politiques décidés à le renverser par des méthodes non démocratiques et anticonstitutionnelles. Le 19 septembre 2002, contre toute attente, un coup d’Etat éclate contre son régime et se mue rapidement en une rébellion dirigée par Guillaume Soro, actuel Président du Parlement ivoirien. La crise ainsi engendrée dure dix ans, 2002 à 2011. Afin de parvenir à une issue pacifique, le Président Laurent Gbagbo s’inscrit dans la voie du dialogue en acceptant de signer un cessez-le feu avec les rebelles, le 17 octobre 2002. S’en suivent alors une série d’accords de paix entre 2002 et 2011, sous l’égide de la Cedeao, Union Africaine et Nations Unies. Dans un souci de paix, il applique tous les accords de paix, fait d’Alassane Ouattara et Konan Bédié des candidats à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire (Pretoria, 2005) et nomme Guillaume Soro, le chef de la rébellion, au poste de Premier Ministre de son gouvernement (Ouagadougou, 2007). A l’inverse, la rébellion n’a jamais accepté de déposer les armes, si bien que de 2002 à 2011, la crise de rébellion lui a imposé des gouvernements de coalition. Durant les péripéties de cette longue crise, parsemées de frustrations et d’injustices, Laurent Gbagbo a toujours gardé de la hauteur en demeurant un bâtisseur de la démocratie en Côte d’Ivoire. Lorsque la crise du contentieux électoral éclate en décembre 2010, c’est lui qui appelle au recomptage des voix, une solution simple et démocratique, qui évite la violence et la confusion.

Conclusion
Par ses origines, son parcours et son action, le Président Laurent Gbagbo est un homme engagé qui n’a jamais dévié de ses convictions. Nourri à la sève des nobles combats de son père, Laurent Gbagbo est un modèle vivant de l’incarnation d’une Côte d’Ivoire démocratique, de justice et de liberté. Il est le père du renouveau démocratique de la Côte d’Ivoire, dont la vision politique s’inscrit dans la continuité des grands bâtisseurs de ce monde. C’est cet homme plein d’amour et de générosité, dont les alter ego sont rares sous les tropiques, qui est enfermé à la Haye, pour servir les intérêts de la géopolitique internationale. En ce jour anniversaire de sa détention injuste à la prison de la Haye, nous appelons humblement la communauté internationale à le remettre en liberté, dans l’intérêt de la paix en Côte d’Ivoire.

UNE CONTRIBUTION DE KADET BERTIN, EX-MINISTRE DE LA DÉFENSE DU PRÉSIDENT GBAGBO, EX-CONSEILLER SPÉCIAL CHARGE DE LA SÉCURITÉ