Scandale : Ivoirebusiness reçoit un nouvel avertissement de l’ANP, le 3e en 2 mois

Par Ivoirebusiness - Scandale. Ivoirebusiness reçoit un nouvel avertissement de l’ANP, le 3e en 2 mois.

Le logo d'Ivoirebusiness.

Le groupe de presse Ivoirebusiness dirigé par le président Christian Vabé vient de recevoir un nouvel avertissement de L’autorité nationale de la presse en Côte d’Ivoire (ANP), présidé par M. Samba Koné.
En effet, par courrier officiel en date du 9 novembre 2020, l’ANP inflige un nouvel avertissement à Ivoirebusiness, le 3e en l’espace de 2 mois.

Cette fois, il est reproché à votre journal favori d’avoir violé l’article 7 de la décision 005 du 13 octobre 2020 portant réglementation du traitement de l’information par la presse en période de campagne présidentielle.

Plus exactement, ce sont les commentaires de ses internautes tels que ceux publiés sur l’URL suivant….https://www.ivoirebusiness.net/articles/deces-du-ministre-sidiki-diakite... qui sont indexés.

Un autre commentaire d’un internaute est également indexé par l’ANP au lien suivant…https://www.ivoirebusiness.net/articles/coup-de-tonnerre-guillaume-soro-...

Pour l’ANP, c’est plus tôt « Ivoirebusiness et non ses lecteurs qui injurie le président Alassane Ouattara et l’ex-premier ministre Amadou Gon sans toute fois apporter la moindre preuve », peut-on lire dans la lettre de l’organe de régulation signée par son président.

L’ANP met en jeu une nouvelle fois la responsabilité pénale du patron d’Ivoirebusiness et l’invite à museler la parole de ses internautes, alors même que le régime actuel s’autorise tout après avoir violé toutes les lois du pays pour s’accrocher en toute illégalité au pouvoir.

Ivoirebusiness émet une vive protestation devant ce nouvel avertissement car 3 avertissements en 2 mois, cela ressemble à un acharnement de la part de l’ANP.
Oui à la régulation mais trop de régulation en période de crise, peut tuer la régulation surtout lorsqu’elle est dirigée contre Ivoirebusiness.

Ivoirebusiness tient à rappeler à l’ANP qu’il a toujours été soucieux de l’étique et de la déontologie au point que de grands groupes de presse comme Mediapart sont ses partenaires et reprennent ses articles.
Même Ivoirebusiness est citée comme source à la cour pénale internationale et a gagné tous ses procès contre le régime Ouattara au tribunal de grande instance de Paris.

Mais ses internautes aujourd’hui épinglés par l’ANP, il faut le souligner, sont en combat pour restaurer la légalité constitutionnelle en Côte d’Ivoire laquelle n’existe plus depuis le 31 octobre 2020, face à un pouvoir illégal et anticonstitutionnel. Et l’ANP doit absolument tenir compte de cet environnement car eux au moins n’ont pas d’armes ni de machettes, mais leurs commentaires pour s’exprimer.

Et Ivoirebusiness est leur seul outil d’expression.

Les internautes d’Ivoirebusiness sont sous extrême pression car ils font face à une dictature implacable avec leurs compatriotes parfois leurs proches tués où blessés par centaines par balles ou à la machette par décapitation à cause du 3e mandat interdit de M. Alassane Ouattara, et des Députés et opposants sont mis en prison ou à l’isolement total, leurs résidences subissent des blocus et sont mitraillés à l’arme lourde par l’armée de M. Ouattara.

Cette situation d’illégalité constitutionnelle est l’objet de leurs commentaires qui leur est aujourd’hui reproché.

Même de grands hommes et femmes de médias français ont ouvertement critiqué le 3e mandat anticonstitutionnel de M. Alassane Ouattara et dénoncé les honteuses félicitations de M. Emmanuel Macron à ce dernier.
Voir lien…https://youtu.be/lrBFdAkRY7k

Doivent-ils eux aussi être accusé de dérive déontologique où écoper d’un avertissement ou même d’un blâme?

La question se pose à l’évidence avec acuité notamment sur le rôle des medias et des organes de régulation en période de vide ou d’illégalité constitutionnels, de même que dans une dictature sans foi ni loi.

Quand des Députés sont arrêtés avec leurs immunités parlementaire et mis à l’isolement total, que valent les commentaires dérisoires d’internautes qui dénoncent ces graves violations des droits de l’homme ? Aujourd’hui la Côte d’Ivoire hélas figure dans la liste noire des pays qui violent les droits de l’homme au monde.

Et dès lors que la plus haute autorité de l’Etat n’est pas reconnue par l’ensemble de la population qui a boycotté l’élection présidentielle à 99% sur toute l’étendue du territoire national, avec la mise en place d’une transition civile dont les leaders se préparent, bien que persécutés, à entamer des discutions avec le pouvoir sans aucun tabou notamment à aborder la question du départ du pouvoir illégal de M. Alassane Ouattara, sous l’égide des nations unies, l’ANP ne peut pas fonctionner comme si de rien n’était et distribuer des avertissements comme si la période était conviviale.

L’ANP gagnerait à notre sens à tenir compte de l’environnement dans lequel évolue en ce moment la Côte d’Ivoire car dans un régime dictatorial, les internautes, à l’opposé de l’armée ou des microbes miliciens pro-Ouattara, n’ont pas de machettes ou de fusils, mais juste leurs commentaires pour résister et pour combattre. Doit-on le leur arracher où les museler ?

Doit-on en dictature museler des lecteurs dans le désespoir et en lutte contre un oppresseur qui lui-même ne respecte aucune loi qu’il s’est fixé ?

Par ailleurs, il est de notoriété publique que Ivoirebusiness, votre journal favori, est dans le collimateur du pouvoir ivoirien depuis de longues années.

Cela a d’ailleurs été fatal à l’un de ses journalistes Désiré Oué, abattu chez lui à Abidjan devant femme et enfants en 2013 par les escadrons de la mort à la solde du régime, sans que ni l’ANP, ni le ministère de la Communication ne lèvent le petit doigt. Pourquoi ce deux poids deux mesures ?
Voir liens…https://www.ivoirebusiness.net/articles/assassinat-du-journaliste-divoir...
https://www.youtube.com/watch?v=IjoaOFPZxPA
A ce jour, les assassins de Désiré Oué courent toujours.

Nous y reviendrons.

Mireille (Mimi) Kouamé